En partie à cause de la visibilité, je renonce à la plongée de l’après-midi. Pis j’ai un peu de scrupules à laisser encore Nathalie toute seule. De toute façon le ciel est menaçant, donc pas sûr que la sortie se fasse. Bref, mignonne, allons voir si le rose sied aux bénitiers. Une murène poivrée fait sa coquette, les bénitiers ne portent pas de rose, mais le ciel se fend de quelques couleurs  en envoyant le soleil se coucher. Pour se faire pardonner les gris déclinés toute la journée ?

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Ben en voilà !!! Pis de la belle hein ! Gracieuse et rebondie en toute liberté… Tout petit détail : une méga tempête la veille a furieusement brassé les eaux du lagon. Avec pour conséquence, de limiter la visibilité au bout de notre nez. C’est plus pratique pour renifler, mais plus angoissant aussi : on ne sait pas toujours très bien ou on va le fourrer.

La plongée n’est pas très profonde, nous ne serons que trois dans la palanquée et l’endroit est assez calme. Depuis la surface, on aperçoit les raies tourner autour de patates de corail habitées pas des poissons nettoyeurs. Notre guide prodigue ses recommandations : pas question de nous approcher trop ni de tenter de toucher les animaux… et nous nous mettons à l’eau.

Va falloir se coller aux fesses si on ne veut pas se perdre ! Mince, moi qui rêvais de grand bleu claquant avec un balai de raies au milieu… C’est pas pour ce coup-ci. Mais à l’approche de la première patate, lorsque la première raie surgit du flou pour nous frôler, je vous jure que je n’avais jamais connu ce que j’ai ressenti alors. Les baleines étaient une énorme émotion, mais être dans l’eau pour voir évoluer si majestueusement ces animaux, si près, si nonchalants…

Une petite pointe de frousse me taquine doucettement l’épigastre à l’idée que n’importe quoi d’autre qu’une raie peut apparaître !

Une pastenague rase le fond tandis qu’un rémora nous fait un brin de conduite. Il arrive parfois que ces poissons cherchent à se fixer sur une palme ou une bouteille…

La plongée ne dure pas très longtemps, la visibilité devient si problématique que nous risquons de nous perdre. Mais c’est juste un avant-goût : pas question pou moi de quitter la Polynésie sans avoir approché les mantas de nouveau…

Pour vous donner une idée de la visibilité et de la nage du rémora…

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Allez, je vous z-embarque pour Tikehau cette fois-ci. Mais c’est bien parce que c’est vous… Faut vraiment que je vous z-aime hein ? Ne me remerciez pas je suis comme ça : tout t-entier d’un seul bloc de foie. Gras.

Vous vous souvenez ? On avait déja rendu une petite visite à cet t-archipel : ici, et là, oh là aussi ! et encore ici mais oui, même là d’ailleurs… Quoi je recycle ? Quoi je ressors des machins datés ? Eh vous savez ce qu’il vous dit le machin daté ? C’est purement t-informatif, au cas-z-ou des distraits auraient raté ces monuments lyriques… C’est juste pour rendre service en somme. Tas de jaloux mesquins. Et moi qui prend la peine de vous z-écrire en liaison…
M’en fous, je poursuis. C’est moi le pilote (Mâtin, quel journal !) à bord.
Donc je. Ou ich. Mais ça ne veut rien dire parce que ce n’est pas la bonne langue. Si vous suiviez au lieu de critiquer vous le sauriez bande de harengs !
Bref. Ou suis-je cette fois-ci ? C’est de votre faute aussi si c’est tout décousu, je suis un électron bombardé de protons…
A propos de quel sujet vous entretenais-je avant que vous ne m’interrompiez grossièrement ?

De mon pote Bernard qui se recycle, en ces temps de crise, dans l’élagage ?

Ou de sa copine Gisèle-la-murène qui ne sort plus sans ses excitants ?

De Nanard qui ne peut plus faire un pas sans que sa bourgeoise ne lui rappelle les préventions de sa pôvre mère…

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Vous savez ce que c’est… A chaque nouvelle année, on se met dans des situations à la con en prenant, devant témoins tant qu’à faire, de « bonnes » résolutions : - je fume plus – demain je cours – chérie, l’année prochaine je fais la vaisselle – promis m’man je vais lever la cuvette des chiottes et expulser la famille de sconses qui vivent dans mes placards – des promesses de mariage sont lancées imprudemment, des engagements sont pris, des espoirs suscités, des craintes levées… Bref, le nombre de conneries qui sont proférées pendant cette période devrait nous dispenser d’en aligner d’autres pendant l’année… Mais c’est une autre histoire.

Parce que là, maintenant que j’ai votre attention, vous êtes en train de vous demander dans quel traquenard infernal je me suis encore fourré ? Hein, tas de gueux ? Vous salivez à l’avance, rictus presque brandi, à l’idée d’une galère bien copieuse. Je vous sens prêts à tressauter des bourrelets sous les assauts d’un rire pas du tout charitable qui devrait vous conduire à confesse en un seul mot. Je le sens poindre, ce « rire-à-mes-dépends » qui ne demande qu’à vous mouiller le slip…

M’en fous, moi mes résolutions je les tiens. D’une main. Deux, seulement lorsque le poids me fatigue.

Ça fait un petit moment que me trotte dans la tête l’idée de me remettre un peu au sport. Reprendre quelques exercices, histoire de redémarrer mes séries quotidiennes de « pompes-z-et-abdos-200-de-chaque-finger-in-ze-noze ». Bah oui faut bien reconnaître que le poil blanchit et la bête se raidit. Comment ? Non ça c’est toujours raide, c’est le reste qui raidit aussi. Et c’est une raideur qui entrave un peu les acrobaties inhérentes à l’autre raideur. Je sais pas si je me fais bien comprendre ?

Pis vous avez du remarquer aussi que la qualité des fringues a vachement baissé ! Incroyable comment les bénards rétrécissent sournoisement aux hanches, les boutons sont maintenant si mal cousus qu’ils se barrent dès qu’on s’assoit ! Si vous optez pour les boutons-pressions pour compenser, las, le moindre éternuement risque de vous priver d’un pantalon enfilé de haute lutte… Y’a bien l’épingle de nourrice, mais elle a ses limites. Qu’elle a fort pointues d’ailleurs.

Je ne vous parle même pas des chemises qui ne sont plus capables de supporter une toute petite contrariété abdominale. Mais où allons nous ? Je vous le demande ! Voilà ce que c’est que d’acheter des produits venant d’un pays de chétifs. Ils se font des capotes dans les petits doigts de gants ménagers taille 6, et on voudrait nous faire tenir dans leurs fringues ! C’est pas sérieux…

Donc je suis moins souple. C’est difficile à croire je le sais, mais c’est pourtant l’amère vérité, hélas. Et les grincements ne viennent plus seulement du sommier. Je m’en suis inquiété auprès de la personne concernée avec tout le tact dont je dispose :

- dites-moi, chère amie, est-ce normale que vous grinciez autant, sinon plus, que notre terrain de jeu ?

- mon ami, me répondit suavement ma douce avec tout le tact qu’elle me réserve, c’est gentil de vous intéresser à moi. Surtout dans un moment comme celui-ci où je vous sais notoirement distrait. Mais je ne grince ni ne couine. Tout comme  le sommier, d’ailleurs, qui n’a jamais grincé. Lui.

- …

Attention : ceci est un aparté : (z’avez déjà remarqué comme j’aime bien utiliser les points de suspension pour montrer que je suis bouche bée ?) Attention, freinez, ceci est la fin de l’aparté.

- mais c’est pas grave, ça te donne un petit air sispéo tout à fait amusant, m’euthanasie – t-elle.

Bien que finement dissimulée, je devine comme une légère allusion tout à fait sous-entendue sur la gauche. Ne serais-je plus aussi caracolant qu’à nos débuts ? Le hennissement de l’étalon s’essoufflerait-il ? La crinière du grand mâle s’amoindrirait-elle dans le couchant ? Peste. Une réaction immédiate et drastique s’impose : changeons de position.

Cependant, atteint dans mes os (la chair ça va, quoiqu’en disent les médisantes) je dois me rendre à l’évidence (mais pas sans combattre !) : la rouille s’installe. Procédons donc à un dégrippage général !

Pour ce faire, acquisition d’un banc convenablement rembourré (quoi lui aussi ?) pour me livrer à quelques petites séries quotidiennes de 50 abdos pour commencer, levage de poids divers pour poursuivre, tout ceci agrémenté pour le plaisir d’une petite centaine de pompes pour commencer en douceur.

Equipé de la sorte, les kil la rouille n’a qu’a bien se tenir. Comme le tout petit bourrelet qui cache ma ceinture.

Une si belle ceinture.

Mais fichtre, que lourdement me trompé-je. Tout tendu vers mon but, je n’ai point anticipé une circonstance. Une circonstance qui met à rude épreuve l’indéfectible volonté d’airain qui me pousse à ne pas sursoir à cette conn salo nécessaire remise en forme !

Quand ça veut pas…

Vous me connaissez, âme sensible que je suis j’ai pas le cœur à la déranger, pauvrette. Alors je me sacrifie.

Mais c’est dur.

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1-Nuku HivaL’aéroport de Nuku Hiva à la particularité d’être dans la partie de l’île appelée « Terre déserte ». Il fallait, par le passé, plus de 5 heures pour gagner le village depuis cet endroit, sauf si l’on optait pour l’hélico. Depuis, de gros travaux ont été entrepris et permettent d’effectuer la traversée en 4×4, en 1h30 si tout va bien, et les hélicos ont quitté le ciel. Les hôtels en profitent pour faire payer le transfert plus de 100 euros par tête ! Nous pensions naïvement que ce trajet se ferait dans un véhicule de notre hôtel et que son conducteur nous régalerait d’anecdotes ou de l’histoire de son île… Je t’en ficherais ! C’est un taxi conduit par une marquisienne qui nous embarque après avoir omis de nous dire bonjour. Et le trajet se fait dans un quasi silence glacial, voire rébarbatif en dépit de tentatives de conversation… Ça commence mal !

Le trajet est épique, la route s’accroche miraculeusement à des à-pics vertigineux, perdus dans des nuages gorgés d’eau. Les tronçons encore dépourvus de revêtement sont creusés d’ornières à deux doigts de devenir des canyons et la conductrice onomatopette des monosyllabes à mes questions. Par place, des engins de terrassement surgissent du brouillard : gueules béantes et agressives de pelles mécaniques, corps couverts de boue de massifs camions-bennes, rugissements stridents de générateur… Brrrrrr. Il ne manque plus qu’une histoire de cimetière profané pour avoir la chair de poule. Mais pas de danger : un rictus maussade déforme et rive la lippe de notre chauffeuse.

Enfin nous dévalons la pente qui doit nous mener au village. La vallée surgit au détour d’un virage et semble tonitruer que « terre déserte » est enfin derrière nous.

L’arrivée à l’hôtel est classique. On s’enquiert de la qualité de notre traversée. Plus exactement : si notre conductrice s’est bien arrêtée pour faire une photo ! On n’a pas envie de s’étendre ni de donner dans le cassage, nous éludons. Le bungalow est tout à fait identique à celui d’Hiva Oa… Pour le reste, on va vite passer sur la qualité de notre séjour : c’est indigne de ce que nous avons payé et de ce que nous pensions être en droit d’attendre. Sérieusement : c’est à dégoûter les touristes ! Imaginez que vous ayez fait un sacrifice conséquent pour vous offrir ce voyage et que l’on vous considère au mieux comme une quantité négligeable, voire un boulet, vous ne seriez pas loin d’avoir très mal au cul. Et encore, nous pouvons nous estimer heureux de ne pas avoir misé toutes nos vacances depuis la métropole sur ce séjour ! La directrice est d’une impolitesse assez rare pour ce type de job, le personnel fait ce qu’il peut mais semble patauger dans une ambiance délétère… Et pour couronner cela, l’accès au restaurant se fait par… les chiottes !

Nous avions prévu une randonnée à la cascade réputée de Nuku Hiva, mais les moustiques et, surtout, les nonos ont eu raison de notre motivation… Sans parler de la pluie. Et bien sûr, tout est fermé ! Sauf le fare où se regroupent quelques artisans. Décidément, hors de l’Aranui point de salut pour les Marquises.

Ça fait chier quand même de ne pas avoir un meilleur souvenir de ces îles malgré tout magnifiques ! Surtout que les gens rencontrés à l’intérieur donnent encore plus de relief à la muflerie des autres ! Mentions spéciales à la mamie qui tient une épicerie perdue au bout de son village (qui nous a prodigué un cours sur la gestion des stocks que tous les branleurs sortis des écoles de commerce devraient apprendre ! Ainsi que leurs « enseignants » !) et la gamine délurée qui, entre deux coups de balai et de brouette, se plante au milieu de la route pour vanter l’artisanat de son tonton. Tonton qu’elle houspille consciencieusement d’ailleurs s’il ne se précipite pas assez vite à son gré ! Ça aurait été dommage de ne pas nous arrêter, c’est de toute beauté !

Et la conclusion du séjour à Nuku Hiva ? Oh à l’image du séjour : il nous a fallu quitter la chambre tôt, poireauter une heure en plein cagnard pour attendre notre taxi… piloté par la même avenante porte de prison. Qui réussit l’exploit de ne pas répondre… du tout !

Allez, ça me gonfle, je vous laisse regarder les photos prises pendant notre presque tour de l’île.

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