3176.JPGUn petit bémol, à peine une contrariété termine notre séjour.

Nous souhaitions visiter l’île aux récifs, un autre site majestueux de Rangiroa, mais nous avons joué de malchance: tout le monde semblait s’être donné le mot pour aller au lagon bleu. Comme il faut être au moins quatre pour que la visite soit rentabilisée, nous n’avons pas eu le temps de concevoir le quatrième. On a beau être entraîné et performant, il faut parfois s’incliner devant la nature.
Idem pour la visite des chais de Rangiroa. Fermé pour cause de jour férié. Comme quoi les ponts fonctionnent partout!   :mrgreen:

Nous avons donc mis à profit le vendredi pour visiter le village de Tiputa en pleine effervescence. Une course de va’a, la « Rangiroa Channel Hoe », est organisée sur le week-end et la population s’enflamme pour son sport national! Ce qui donne lieu à de multiples animations aussi bien sonores que visuelles!!! Chacun y va de son stand, propose nourriture et produits locaux. Une stèle commémorant l’événement est inaugurée, on attend pour la course phare le Président et son aréopage… Il y a même un concours de pétanque ! Là, je dois dire, que jouer à la pétanque sur un atoll taille un costard aux marseillais!!!
Bref, c’est animé, bruyant, festif (attention! Jeu de mot pénible: en général on ne dit pas festif mais poil au cul… Mais ça n’aurait rien voulu dire là. Bon, j’avais prévenu non ? )
Le village est tout en longueur, étalé de part et d’autre de la route. Les voitures sont légion allant de la trapanelle à l’énorme 4×4. De nombreux fare semblent abandonnés ou tout au moins inhabités. L’église située à la sortie du village est hélas fermée. Nous déambulons en croisant des gens souriants et d’une politesse dont beaucoup devraient s’inspirer! D’un sourire , d’un signe de tête, d’un « i ora na » désinvolte… C’est reposant.

La sono particulièrement forte repousse nos tympans. Nous faisons halte à la sortie de Tiputa dans… la pizzeria Filippo posée sur un remblais face au lagon. Juste à coté se trouve le club de plongée, Robin en profite pour prendre rendez-vous afin de saluer les mantas. Le veinard s’en mettra encore plein les mirettes!

Repus, nous regagnons la pension pour profiter agréablement du ponton et du lagon avant de partager le repas du soir.

Le lendemain est prévu le départ de la grande course de va’a. Sont attendus les deux principaux équipages: OPT et Shell va’a. Ils font un peu figure d’ogres des compétitions, tant ils se partagent les premières places. En discutant avec les pagayeurs logés à la pension, il nous semble discerner une pointe d’agacement et d’envie. Les meilleurs sont recrutés par les deux principaux sponsors et tout est mis en place pour qu’ils puissent exprimer leur talent au mieux dans une organisation quasi-professionnelle.

C’est d’autant plus difficile pour les autres concurrents qui s’entraînent tôt le matin et tard le soir avant et après une journée de travail. Les week-end sont entièrement consacrés au va’a, souvent au détriment du reste. Ces sacrifices sont rendus frustrants par la presque certitude de ne pas pouvoir lutter contre les deux gros.

Avant de prendre l’avion, nous aurons le temps d’assister au départ d’une course énorme de 88 kms entre Rangiroa et Tikehau. Des pirogues de 6 rameurs ( des V6 ) fendent le lagon vers la passe au  rythme des pagaies. Les meilleurs (le team OPT) mettront 6h03’30″ pour parcourir la distance!!! Les seconds (Shell va’a) terminent à 1’04″ des vainqueurs !!! Pas à dire, le vélo à coté est un sport de canari! (Que les canaris m’excusent: le politiquement correct ne permet plus d’employer certains qualificatifs comme tapette, fiotte, gonzesse, pédale, drogué, etc.)

L’avion nous attend, nous ne verrons pas la fin. Le temps de charger nos valises dans le 4×4 et de remercier nos hôtes qui nous offrent le collier de fleurs traditionnel et direction l’aéroport!  Une certitude: le séjour fut trop court pour en apprécier toute la beauté. Nous reviendrons! Et nous plongerons! Et nous verrons l’île aux récifs! Crévindiou!