Pas à dire, on se laisserait volontiers aller à cette vie! Passer du hamac à la chaise longue plantée face au lagon pour savourer un bon bouquin ou simplement profiter du calme et de la vue magnifique. 

Au programme de la journée: découverte du lagon de Manihi et… pêche à la palangrotte. Ceux qui me connaissent savent mon peu d’enthousiasme pour cette activité que je trouve cruelle lorsqu’elle est destinée au plaisir. Je me laisse cependant convaincre puisqu’il s’agit de pêcher notre repas du soir. La palangrotte est une simple ligne lestée d’un morceau de corail. Enroulée autour d’une planchette il faut la manœuvrer à la main. Rudimentaire mais efficace, elle donne l’illusion de laisser sa chance au poisson. Nous jetons l’ancre sur un groupe de patates et lançons les lignes préparées par notre guide. Il ne me faut pas longtemps pour… crocher mon hameçon dans un rocher! Robin est le premier à remonter un petit mérou, puis Nathalie y va de sa prise également. A peine le temps de me détourner pour ne pas voir le hameçon retiré de la bouche du poisson que ma ligne part dans tous les sens. Avec surprise, je dois reconnaître que je me suis laissé prendre par l’action. Le poisson tire et vire tandis que je remonte le fil… Un petit mérou pour moi également. Puis les requins arrivent… et s’en prennent avec vigueur à nos appâts!!!

Tandis que Robin s’illustre en remontant un bec-de-cane, Manon (qui nous accompagnait ce jour-là avec son papa) remonte un petit pointe noire! Il faudra batailler un petit moment pour réussir à lui faire desserrer les mâchoires afin de le libérer. 

Nous cassons ligne sur ligne tandis que Nathalie ferre une bestiole d’une taille nettement plus respectable. Et croyez moi, ça bouge vraiment! Surtout quand il s’agit d’essayer de s’agripper à un fil de nylon à mains nues… Nous réussissons à remonter progressivement le bestiau jusqu’à la surface avant qu’il ne parvienne à casser la ligne dans un spasme féroce. Je ne me voyais de toute façon pas cohabiter dans le bateau avec cette rangée de dents! Il faisait largement plus d’un mètre et mes dents sont moins bonnes. 

La pêche est finie. Les requins ne nous laisseront plus rien remonter et, à vrai dire, il faut que je trouve des accommodements avec ma conscience. 

La balade nous mène ensuite vers une petite crique agréablement abritée sous les cocotiers, des eaux peu profondes… L’occasion de jouer au paradis… Nathalie prend possession de la carte postale avant que je ne la rejoigne et tente de la persuader que nous sommes les seuls survivants et qu’il faut songer à la pérennité de la race…

…avant de poursuivre la balade qui nous ramène vers l’hôtel, croisant les fermes perlières qui ont fait la réputation de la perle noire de Tahiti.