Nouvelle-Calédonie : Nouméa.
Après un vol ponctué de quelques malotrus, de ceux qui ont l’incroyable capacité de faire paraître un voyage deux fois plus long qu’il ne l’est en réalité, l’atterrissage s’apparente au soulagement que je ressentais, jadis, en quittant mes « habits du dimanche » à l’issue de la messe ! C’est vous dire…
Réprimant le berserk qui rugissait au bout de mes nerfs, je m’étonne une fois de plus de la précipitation qui agglutine les passagers vers des portes closes ! Des nez rencontrent des coudes qui trainaient là, des orteils s’égarent sous différentes péniches, des effluves, libérés par des aisselles ravies, chutent des coffres à bagages sauvagement étripés. Je soupçonne le personnel naviguant de savourer ce petit moment de pouvoir, avion immobile, moteurs coupés, température grimpant dans la presse qui s’empile… La main sur la porte, une étincelle que je suppute sarcastique dans l’œil. Il y a de l’instit’ dans cette attente : « en rang, vous sortirez seulement lorsque j’aurai le silence ! ».
Je peux pas leur en vouloir, j’ai toujours éprouvé un sentiment d’incompréhension ricanante à ce spectacle ! Que ce soit au cinéma, dans un train ou un avion ! Le seul endroit, à ma connaissance, où l’on s’empile autant mais en faisant très attention à ne pas sortir, ce sont les buffets ! On y rencontre les mêmes empiffreurs, avaleurs d’oxygène, consommateurs de patience, suceurs de bonne volonté, « ote-toi d’là que j’m'y mette », incitateurs au bourre-pif libérateur, de celui que la morale réprouve mais qui devrait être reconnu et encouragé comme un droit absolu de ceux dont la retenue en fait des bousculés, piétinés, houspillés, horrionés… Faudrait autoriser et encourager la distribution de giroflées ! Ah quel bonheur que de regarder s’épanouir les pétales rougissant d’une taloche consciencieusement distribuée !
Ah putain… Je divague une fois de plus. Reprenons. Ou poursuivons plutôt. Ben oui, je vous rappelle qu’on est toujours dans l’avion. Donc : débarquons.
On ne va pas se faire une tartine sur les habituelles formalités… Maintenant qu’on est devenus des habitués des voyages, on se la joue blasés. Le temps de récupérer nos bagages, les clés de la voiture de location, notre itinéraire et ? Et ? En route, bande de naves, soyez attentifs quoi !
La route entre Tontouta et Nouméa donne un aperçu des premiers paysages, différents de ceux rencontrés en Polynésie. Les routes sont larges et en excellent état. Depuis un an, nous ne pouvons pas dépasser le 90. On se fait plaisir avec un petit 110 !
L’entrée de Nouméa laisse entrevoir une ville assez étendue, où le béton est omniprésent. Des barres d’immeubles grisaillent tristement sur un air de banlieue.
Le centre de Nouméa nous paraît plutôt éteint. Les commerces sont fermés en ce samedi. Alors que Tahiti mélange allègrement sa population, nous avons l’impression d’être dans une ville du sud de la France. Quelques jeunes tonitruent gaiement, réclamant que je les prenne en photo.
Nouméa nous a offert deux visages. Celui de notre arrivée, endormie, presque abandonnée aux graffitis, révélant les oubliés alcoolisés que l’activité de la semaine noie dans les flots urbains. Nous n’avions pas soupçonné cette déshérence… Les lumières de la ville semblent, ici, acculturer plus crument encore ceux qui s’y brûlent.
Puis l’autre aspect, celui d’une cité sans dépaysement, nonobstant la végétation et les plages. Papeete possède cette identité propre dont Nouméa nous a semblé dépourvue.
Les immeubles de bureaux, les résidences de standing, les commerces, l’énorme complexe de cinéma, les zones commerciales, le béton gangrénant les collines environnantes, tout concourt à donner l’image de n’importe quelle ville du sud métropolitain. La similitude s’accroit encore lorsque l’on se dirige vers la baie des citrons et l’anse Vata. Le bord de mer, aménagé, rutile d’enseignes vantant des restaurants, des hôtels, un casino…
Je suis pas emballé.
De loin, la marina est engageante, sommeillant dans la chaleur.
Port Moselle semble abandonné cet après-midi. Nous n’avons jamais vu une eau aussi sale ! Même le port de Papeete, brassant d’innombrables bateaux et qui nous avait semblé jusqu’alors battre des records, fait figure de modèle !
La plage principale de Nouméa. Il ne manque à la marée, très basse, que les bottes et cirés jaunes d’Arcachon !
Allez vite on s’échappe, direction : le centre culturel Tjibaou.
Personnellement, je ne suis pas emballé non plus…. tout ça a un goût de… comment dire… déjà vu, ouais c’est ça, déjà vu ailleurs, comme si j’y avais déjà mis les pieds (et plus si affinités). En gros (qui a dit que j’étais gros ?
), ça ne me donne pas le « frisson », contrairement à la Polynésie qui est un dépaysement total (du moins sur les photos).
De plus, il semble que ce soit d’une propreté moyenne, comme les grosses localités du littoral méditerranéen. A bin voilà certainement d’où vient mon histoire de déjà vu !
Sinon, il fait quoi ici ce billet ? Pourquoi ne pas l’avoir mis dans la partie « Nouvelle Calédonie » ?