Tout juste le temps de descendre de l’hélico qu’il nous faut foncer nous préparer pour la rando (gnons) qui doit nous emmener faire des galipettes sur le glacier… 

Perception des pompes de crapahutage : c’est sûr c’est pas les escarpins de chez Mme Proutmachère. Deux bonnes paires de chaussettes s’imposent ( rien que l’odeur est déjà anti-dérapante… ), coupe-vent, polaire, sac-à-dos… Je suis pas certain d’avoir bien pris conscience dans quoi on s’embarquait. On patiente le temps qu’arrive le bus qui doit nous déposer au départ de la rando (John). La vache !!! 8O  Ceux qui redescendent sont dans un état !!!

On nous fournit aussi, avant d’embarquer, des griffes qui viendront nous anti-déraper au moment opportun. Va pas s’agir de se faire un vol plané dessus. Le guide s’inquiète de notre condition physique à tous en me regardant : l’est con ou quoi ? Le reste de son discours se perd dans un bon millier de R qui roulent à n’en plus finir. Je commence doucement à la sentir moyen cette rando (nnée). Pis c’est un peu vrai qu’on est entouré de jeunes plus ou moins chevelus et que je ne suis plus ou moins ni l’un ni l’autre… 

Bref ! Nous sommes au pied du glacier. Impressionnant, c’est marrant, je ne m’attendais pas à trouver une énorme rivière de glace blanche. Le Fox Glacier fait 14 km de long et descend d’un mètre par jour. Il débute à 2750 m d’altitude et finit à 240 m au dessus du niveau de la mer dont il n’est éloigné que de 15 km. Le guide, entre deux courants d’ R, explique que, hormis le front, ce glacier a la particularité d’être l’un des plus blancs que blancs, à l’instar de presque tous les glaciers de Nouvelle-Zélande. Bon on y va que sinon on est pas rendus. 

Ouh putain !!! 8O  C’est démoniaque !!! Près de 800 marches encastrées à flanc de montagne avec des passages presque à-pic… J’ai les jambes en feu, les cuisses tétanisées. Pas question d’abandonner, on est les seuls français et les moins jeunes comme vient de le faire délicatement remarquer notre guide : « It’s ok ? Too old…  » J’t'emmerde jeune gland, on grimpera ou on mourira mais je renoncera pas. Tatata !!!  Nan mais sans blague !!! Y sait pas c’que c’est qu’un Bracame de L’zey çui-là. 

Ceci dit j’en bave des ronds de chapeaux, c’est mortel de chaleur. On traverse une forêt tropicale qui surplombe un glacier… Selon le passage, sous-bois ou exposé au glacier la température varie. Des craquements ponctués de bruits d’éboulis rappellent que le glacier bouge.

Après trois ou quatre crises cardiaques on arrive finalement en vue de la glace. On fait une petite halte pour permettre aux filles et aux gros de récupérer un poil. Moi ? Ben je gambade dans la neige voyons !

C’est ici que l’on chausse les crampons, pis que l’on s’équipe de bâtons ferrés. Un Kéa nous fait un bout de chemin pendant que l’on grimpe. La surface est ponctuée de déclinaisons de bleus. Le guide nous fait approcher de crevasses qui semblent plonger au cœur du glacier… 

Ça nous recolle la banane de ce matin qui s’était un poil étiolée dans les escaliers. La descente se fait au p’tit poil, les escaliers dans ce sens là, c’est de la gnognotte pour arthritique ! Au fur et à mesure les freluquets et freluquettes qui commiséraient sur mon ascension sont dépassés, ahanant péniblement en traînant dans la caillasse des pompes qui semblent peser quelques kilos de plus qu’à l’aller !!! « Too young » Pas de résistance, c’est du vacillant que cette jeunesse, nous autres on marche peut-être au vieux diesel, faut que ça chauffe, mais sur la durée pardon !!! On en a fait fumer de l’autre ! Sans blagues… C’est marrant j’entends plus le guide mâchonner ses R. Finalement, je la ferai à cloche-pied la prochaine fois cette rando (à César ce qui lui appartient).

Yesssssssssssssssss !