USA-de Las Vegas à Lone Pine : The Death Valley
Afficher Itinéraire vers Lone Pine sur une carte plus grande
Allez marre : je change de caisse. Encore un peu je vais avoir l’impression de tracter une caravane. J’ai pas joué de guitare avec Manitas merde !
Donc, je change de caisse… dans mes rêves.
Ceci dit, aujourd’hui, l’étape nous fait traverser la Vallée de la Mort mais je n’ai pas besoin de berger. (Comment ? Oui c’est une référence religieuse. Pourquoi ? J’ai pas le droit ? ‘tain y’a des bibles plein les chambres d’hôtels, c’est tout juste si les dealers ne te citent pas les écritures et on vient me chipouiller pour une malheureuse allusion qui, je vous le fais remarquer, est tout à fait appropriée. Et pertinente ouiouioui.) Donc aujourd’hui je laisse Maximilien au placard et je convoque Charon et j’embarque mes âmes à destination de Lone Pine. Par contre je m’assois sur le péage. (Quoi encore ? Oui celle-ci est païenne. Pourquoi ? Ce n’est pas judicieux ? Ah bon ? on va se faire une route qui a la réputation d’être infernale, qui taille au milieu d’un paysage où même les cailloux n’ont plus assez d’humidité pour sangloter ! Pis le panneau là, de Zzyzx à Styx… Y’a juste une barbotte.)
Bon. Nous prenons la route de bonne heure, pas le temps d’aller voir la piscine nonnon, nous déjeunerons un peu plus loin sur la route. Si les chambres sont quasi offertes, le reste compense ! Une fois n’est pas coutume, on se fait un p’tit déj’ MacDo. Pis une halte « outlet ». Le temps de tourner la tête et les belettes se sont égayées ! Quel enfer… Je lâche les cerbères et je finis par récupérer mes ouailles. Le temps de sonner les cloches et nous repartons. (Oui et alors ? Qui a dit qu’on ne pouvait pas mélanger dans la même phrase des références mythologiques à d’autres agréées par les corbeaux ?)
Putain ça flingue !!! La température n’arrête pas de grimper ! De loin en loin, des citernes d’eau sont autant de bouées de secours jetées à des radiateurs éplorés. Les haltes photos sont précipitées, tant par la température de l’air que celle du sol : chaleur tournante mon vieux ! Tu cuis de partout… Ça te rentre dans la peau, par le bas, par le haut, t’as envie de gueuler, c’est physique ! Alors pour oublier tu te mets à danser, à tourner…
Pourtant le décor n’est pas dépourvu de beauté. Les montagnes se colorent de métal, la terre s’ocre et se sable, l’air cueille des odeurs que la chaleur excède. Les buissons se mettent à parler couramment de Calais tandis qu’au loin l’horizon frissonne des brumes liquides.
Nous faisons une halte à Badwater, le point le plus bas d’Amérique du Nord : -85,5. (Non, il ne s’agit pas des mensurations d’une anorexique MiB. Ne pas confondre sous la ceinture et sous le niveau de la mer. Ce qui, en l’occurence, est le cas.)
Le décor varie sans cesse, les dunes de sables au pied des montagnes, les cristaux de sel de Devil’s golf course , ou la spectaculaire Artists Pallete…
Nous avons manqué Racetrack Playa. C’est le fond d’un ancien lac dont la pente n’est que de 4,5 cm pour 4500 mètres. Les pierres y laissent un sillage, trace de leur lent cheminement encore assez obscur pour les « scientifiques ». Certaines de ces pierres pèsent une cinquantaine de kilos ! Les traînées les plus longues mesurent plus de 600 mètres. L’explication la plus « plausible » ? Il faut que la pluie transforme le sol en patinoire puis que le vent se lève… et souffle à plus de 145 km/h. Les pierres peuvent rester immobiles deux ou trois années puis reprendre leur erratique reptation.
La route file et s’enfuit dans la vallée, au loin une averse se vaporise sur les montagnes, marquant la fin de la Vallée de la Mort.



Ça m’a toujours esplanté, ces grandes routes qui partent en ligne droite à l’infini avec aucune voiture. C’est quoi la limitation de vitesse ?
Bizarre, aussi, le désert miniature. Et dommage de ne pas avoir de photo du Racetrack Playa.
Sinon, bien.