Archipel des Marquises

Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous entendez parler des Marquises ? Non ! Je ne parle pas de la Pompadour ou de celle de Sévigné, ou de votre véranda mille trognons !

Je vous parle de ces îles dont j’ai appris l’existence lorsque le dernier album de Brel inondait les radios de cette année-là. Je vous parle d’un temps où tout était encore possible, un temps où l’on ignore que les rêves peuvent se transformer en amers regrets si l’on n’y prend pas garde. Le rêve ne brille qu’un temps, la lumière une fois allumée s’étiole et ne se ranime pas. On peut toujours les caresser en se rappelant comme ça brillait fort : ce ne sont plus des rêves. C’est de la nostalgie, de l’amertume, de la colère, des rancœurs. C’est dangereux un rêve qui s’éteint, ça se débat, ça griffe, ça hurle et ça brûle. Quand la lumière du rêve est morte, il reste des scories et des cendres qui te tombent sur le cœur et la mémoire. Te voilent les yeux.

Je suis encore parti en vrac bordel… Je vous causais des Marquises. Celles de Brel, donc, et de Gauguin. ‘fin à ceux d’entre vous qui ne sont pas encore jetés par les fenêtres… Revenez quoi !

Près de 1000 km2 de terres émergées s’étendent sur 350 km, c’est un des archipels les plus étendus de Polynésie Française. C’est également le plus éloigné d’un continent. C’est sans doute ce qui explique la relative pauvreté de la faune terrestre, qui a été mise à rude épreuve par les activités humaines et l’introduction d’espèces étrangères comme la chèvre, le cerf, chiens, rats, chats, chevaux, moustiques, nonos blancs… L’autre particularité est que les îles sont dépourvues de lagon. L’océan s’abat sans retenue sur les roches qui s’érodent…

Deux groupes d’îles composent l’archipel :

- le groupe septentrional, centré autour de la grande île de Nuku Hiva, les deux plus petites îles de Ua Pou au sud, et Ua Huka à l’est, et au nord les petites îles situées sur le même massif corallien d’Eiao, Hatutaa et Motu One ;

- le groupe méridional, centré autour de l’île principale de Hiva Oa, et les plus petites îles très proches de Tahuata et Moho Tani (ou Molopu), et plus au sud l’île de Fatu Hiva et le rocher Motu Nao.

Toujours est-il que nous étions impatients de visiter ces îles. Elles ne nous ont pas déçus. Si l’on fait abstraction des moustiques et des nonos. Nathalie a été littéralement dévorée. A tel point que nous avons fait l’impasse sur une randonnée qui devait nous conduire à la grande cascade de Nuku Hiva.

Quelques déconvenues terniront un peu notre séjour (voire beaucoup). Je sais bien que c’est gonflé de parler de déception lorsque l’on a la chance de voyager au paradis… Alors que tant d’autres doivent se contenter de photos. Mais justement : vu le sacrifice que cela représente pour beaucoup, rencontrer certains comportements revient à tapisser le Tourmalet de papier de verre et le descendre sur les fesses. :evil: Ça irrite. Mais nous vous raconterons cela dans les billets correspondants.

En gros, l’impression retenue est que les touristes sont des moutons à tondre, qu’on devrait être content d’être là, si ce n’est pas le cas merci de la fermer…

Alors les Marquises ? J’ai honte de le dire, mais ce ne sera pas notre meilleur souvenir.

:cry: