IMG_0037 Nous avions pris la précaution de réserver une voiture de location la veille, afin de visiter les sites archéologiques. 8h30, pas de soucis, le véhicule nous est livré. A peine franchie la barre des soixante kilomètre heures, le volant s’anime d’une vie propre et la voiture tente de se suicider en sautant dans le ravin. Après une rapide concertation, nous convenons que ce serait trop bête de commencer notre séjour par une Evasan. Nous faisons demi-tour et contactons l’agence de location… Le hangar est bien entendu fermé, nous attendons le loueur. Arrive un gugusse passablement excité qui s’évertue à l’aide d’un trousseau de douze mille clés à devérouiller le cadenas condamnant l’huis. Ce qui ne l’empêche pas de disserter sur les mérites de sa voiture qui sort de révision, que les mécanos n’ont rien vu de suspect, qu’on exagère une légère vibration, les précédents utilisateurs ne sont plaints de rien… « Et pis de toute façon j’ai rien d’autre à louer. » L’individu roule en pick-up clairement identifié « location », mais il en a un meilleur usage à titre personnel donc… Il daigne malgré tout nous reconduire à l’hôtel, passablement énervés, pour ne pas dire autre chose, après nous avoir remboursés.

La journée est pourrie, aucune solution de repli, pas d’autre loueur. Nous ne pourrons pas visiter l’un des sites les plus célèbres des Marquises : sur la commune de Puamau où l’on trouve le me’ae (lieu de culte des anciennes religions) d’Oipona. Takai’i passe pour être le plus grand tiki de Polynésie avec 2m35, maki i taua pepe, est un étonnant tiki allongé… que nous ne verrons qu’en photo ! Le directeur de l’hôtel, nouvellement nommé, ne sait pas comment faire pour atténuer le coup et se propose de nous accompagner au musée Gauguin, afin que nous puissions au moins profiter du village. Il est 10 heures, le musée doit fermer à 11h00. Ben oui, c’est samedi…

Je vous le donne en mille : le musée est bien là, mais on attend toujours le cerbère qui est sensé en garder l’accès !!! Journée de merde… Le soleil déverse des litres de plomb tandis que nous nous appuyons la montée qui mène au cimetière sur les hauteurs. Brel et Gauguin ont du savoir-mourir : ils sont bien au rendez-vous, face à la baie des Traitres. Y’a plus vilain comme vue. En redescendant, nous croisons un arbre qui s’étonne encore des fruits qui, parfois, lui viennent au tronc.

Le tour du village est vite fait : tout est fermé sauf la gendarmerie! Nous appelons l’hôtel pour qu’on vienne nous récupérer. Nous patientons devant la boutique préservée ou Paulo faisait ses commissions.

Nous nous disposons à un après-midi sportif de farniente au bord de la piscine et de trampoline sur matelas lorsque le directeur offre de nous emmener visiter le site cérémoniel de Ta’a Oa. Occupant toute une vallée il est réputé être le plus grand site archéologique de Polynésie.

Une église d’architecture surprenante surplombe un panorama plutôt engageant, tandis que nous redescendons vers la plage. Les enfants se baignent, les directeurs aussi tandis que les touristes tentent de noyer leurs orteils, les femmes jouent au bingo, les chiens n’aboient même pas l’absence de caravane… Et le soleil se couche comme une larve devant la lune qui monte