Tahuata et Hiva OaLa veille au soir, nous avons enfin rencontré « Eric le ******** ». C’est lui qui doit nous emmener faire un petit tour en bateau, visiter l’île voisine de Tahuata et profiter d’une plage sans trop de nonos. Comme on est arrivé un peu tard, l’apéro était attaqué depuis un petit moment. Manifestement le sol de l’hôtel était soumis à fort roulis avec des creux de cinquante centimètres. Il devait avoir entrepris de mâcher une boule de coton, les mots avaient du mal à se trier. Mais il était assez lucide pour savoir qu’il ne l’était plus trop. L’important étant que nous puissions confirmer notre rendez-vous pour le lendemain à 8h30. Sonnantes.

Vous nous connaissez : nous n’aimons pas être en retard. Comprenez l’étonnement qui fut le nôtre (pas le vôtre, le nôtre) lorsque le Lyonnais aux yeux injectés entreprit de nous tancer au sujet de notre retard !

- Quel retard ? M’étonnais-je, brandissant fermement et sûr de mon fait la preuve horlogère mais néanmoins péremptoire de mon exactitude : ma montre affichait 8h20 de son mouvement Suisse étanche (on n’en parle pas souvent de celui-ci, on cite plus volontiers l’allemand ou l’italien, mais il existe. Si si).

- Le retard qui fait qu’il est 8h50 ! me rétorque l’entêté gueuledeboisé.

Magnanime parce que sûr de l’absolue fidélité des rouages animant le sablier qui ne me quitte pas (j’avais d’ailleurs précautionneusement prévu un ou deux coucous de rechange), je concède à la diplomatie et à la réussite de la journée qu’il est possible après tout qu’un malentendu se soit glissé dans nos diverses interprétations.

Sur quoi nous embarquons. Avec un jeune couple hilare qui me confirme que nous aurions bien une demi-heure de retard… Palsambleu voilà qui suffit bélîtres ! Il me suffira de consulter l’horloge japonaise mais cependant rigoureuse de mon APN ! Qui d’une courbette me confirme l’exactitude de ma clepsydre. Haha me rengorgeais-je sûr que deux valent mieux qu’une, (encore que tout le monde ne soit pas d’accord, demandez à l’amère Boutin ), vous voyez bien !!!

Et là, après un moment de silence à couper en deux un monastère, héroïquement, entre deux reflux gastriques, le Lyonnais me dit tout à trac et sans précautions :

- Et le décalage horaire hein ? T’as pensé au décalage horaire ?

- …

- Ben oui, aux Marquises il y a une demi-heure de décalage horaire m’assassine-t-il.

- Ouah l’aut’ hé il me prend pour un Marseillais capable de gober une sardine vé ! N’importe quoi ! On nous l’aurait dit non ?

-…

- Ah ? On aurait du nous le dire ? C’est ça le truc ? Ce qui fait que là, tout d’un coup, je me sens encore une fois tout seul dans mon caleçon ?

Sans déconner… Entre Tahiti et les Marquises tu te manges une demi-heure et ce n’est mentionné nulle part ou alors en très petit !!! Et on te laisse découvrir ça comme une ménagère qui découvre toute déconfite qu’il y un nouvel Omo et que sa lessive qu’elle croyait laver, pauvrette, plus blanc que blanc n’est  finalement que gris clair qu’elle devrait avoir honte madame d’étendre du linge comme ça. Farpaitement !

C’est pas tout ça, on n’est plus à un costard près, on va quand même apprécier la promenade sapré tonnerre ! Il suffit de franchir le canal du Bordelais (Ha’ava) à bord du bateau du Lyonnais pour atteindre Tahuata, distante de 4 kilomètres.

L’île est extrêmement découpée, de loin en loin nous apercevons d’engageantes plages de sable blanc, hélas infestées de nonos. Nous faisons une halte assez courte, histoire de photographier les Tamanus multi-centenaires bordant la chaussée des Rois. C’est un chemin fait de blocs de basalte qui longe le village. Nous sommes accueillis pas un minuscule autochtone qui ne prononce que le mot « Aranui » (c’est le bateau qui, toutes les trois semaines, ravitaille les Marquises et débarque son lot de touristes…). Il se charge de nous guider jusqu’à l’emplacement réservé à la vente de l’artisanat… Il ira loin si ses pattes s’allongent un peu…

L’artisanat des Marquises est riche de symboles picturaux ayant des significations précises, il s’exprime à travers la sculpture  et  l’art du tatouage. Un art qui, s’il n’a pas disparu, le doit aux  Marquises.

Pour le reste… La journée se poursuit agréablement avec un coucou aux poissons ! Et le Lyonnais finalement ? Ben plutôt sympa pour un ours ! :mrgreen:

Demain, direction Ua Pou…