Iles du vent
Nouvelle année, bonnes résolutions, tout ça… Pfffff
8Vous savez ce que c’est… A chaque nouvelle année, on se met dans des situations à la con en prenant, devant témoins tant qu’à faire, de « bonnes » résolutions : - je fume plus – demain je cours – chérie, l’année prochaine je fais la vaisselle – promis m’man je vais lever la cuvette des chiottes et expulser la famille de sconses qui vivent dans mes placards – des promesses de mariage sont lancées imprudemment, des engagements sont pris, des espoirs suscités, des craintes levées… Bref, le nombre de conneries qui sont proférées pendant cette période devrait nous dispenser d’en aligner d’autres pendant l’année… Mais c’est une autre histoire.
Parce que là, maintenant que j’ai votre attention, vous êtes en train de vous demander dans quel traquenard infernal je me suis encore fourré ? Hein, tas de gueux ? Vous salivez à l’avance, rictus presque brandi, à l’idée d’une galère bien copieuse. Je vous sens prêts à tressauter des bourrelets sous les assauts d’un rire pas du tout charitable qui devrait vous conduire à confesse en un seul mot. Je le sens poindre, ce « rire-à-mes-dépends » qui ne demande qu’à vous mouiller le slip…
M’en fous, moi mes résolutions je les tiens. D’une main. Deux, seulement lorsque le poids me fatigue.
Ça fait un petit moment que me trotte dans la tête l’idée de me remettre un peu au sport. Reprendre quelques exercices, histoire de redémarrer mes séries quotidiennes de « pompes-z-et-abdos-200-de-chaque-finger-in-ze-noze ». Bah oui faut bien reconnaître que le poil blanchit et la bête se raidit. Comment ? Non ça c’est toujours raide, c’est le reste qui raidit aussi. Et c’est une raideur qui entrave un peu les acrobaties inhérentes à l’autre raideur. Je sais pas si je me fais bien comprendre ?
Pis vous avez du remarquer aussi que la qualité des fringues a vachement baissé ! Incroyable comment les bénards rétrécissent sournoisement aux hanches, les boutons sont maintenant si mal cousus qu’ils se barrent dès qu’on s’assoit ! Si vous optez pour les boutons-pressions pour compenser, las, le moindre éternuement risque de vous priver d’un pantalon enfilé de haute lutte… Y’a bien l’épingle de nourrice, mais elle a ses limites. Qu’elle a fort pointues d’ailleurs.
Je ne vous parle même pas des chemises qui ne sont plus capables de supporter une toute petite contrariété abdominale. Mais où allons nous ? Je vous le demande ! Voilà ce que c’est que d’acheter des produits venant d’un pays de chétifs. Ils se font des capotes dans les petits doigts de gants ménagers taille 6, et on voudrait nous faire tenir dans leurs fringues ! C’est pas sérieux…
Donc je suis moins souple. C’est difficile à croire je le sais, mais c’est pourtant l’amère vérité, hélas. Et les grincements ne viennent plus seulement du sommier. Je m’en suis inquiété auprès de la personne concernée avec tout le tact dont je dispose :
- dites-moi, chère amie, est-ce normale que vous grinciez autant, sinon plus, que notre terrain de jeu ?
- mon ami, me répondit suavement ma douce avec tout le tact qu’elle me réserve, c’est gentil de vous intéresser à moi. Surtout dans un moment comme celui-ci où je vous sais notoirement distrait. Mais je ne grince ni ne couine. Tout comme le sommier, d’ailleurs, qui n’a jamais grincé. Lui.
- …
Attention : ceci est un aparté : (z’avez déjà remarqué comme j’aime bien utiliser les points de suspension pour montrer que je suis bouche bée ?) Attention, freinez, ceci est la fin de l’aparté.
- mais c’est pas grave, ça te donne un petit air sispéo tout à fait amusant, m’euthanasie – t-elle.
Bien que finement dissimulée, je devine comme une légère allusion tout à fait sous-entendue sur la gauche. Ne serais-je plus aussi caracolant qu’à nos débuts ? Le hennissement de l’étalon s’essoufflerait-il ? La crinière du grand mâle s’amoindrirait-elle dans le couchant ? Peste. Une réaction immédiate et drastique s’impose : changeons de position.
Cependant, atteint dans mes os (la chair ça va, quoiqu’en disent les médisantes) je dois me rendre à l’évidence (mais pas sans combattre !) : la rouille s’installe. Procédons donc à un dégrippage général !
Pour ce faire, acquisition d’un banc convenablement rembourré (quoi lui aussi ?) pour me livrer à quelques petites séries quotidiennes de 50 abdos pour commencer, levage de poids divers pour poursuivre, tout ceci agrémenté pour le plaisir d’une petite centaine de pompes pour commencer en douceur.
Equipé de la sorte, les kil la rouille n’a qu’a bien se tenir. Comme le tout petit bourrelet qui cache ma ceinture.
Une si belle ceinture.
Mais fichtre, que lourdement me trompé-je. Tout tendu vers mon but, je n’ai point anticipé une circonstance. Une circonstance qui met à rude épreuve l’indéfectible volonté d’airain qui me pousse à ne pas sursoir à cette conn salo nécessaire remise en forme !
Quand ça veut pas…
Vous me connaissez, âme sensible que je suis j’ai pas le cœur à la déranger, pauvrette. Alors je me sacrifie.
Mais c’est dur.
Aaaaaaaahhhh ! Ça va mieux !
10Il était temps : on avait plus d’eau chaude… Là, on peut y faire cuire des œufs maintenant !
D’ailleurs le machin à température n’a pas supporté : il a fait tilt.
C’est l’été bordel !
20Alors qu’on m’explique ce temps Breton à ne pas mettre un Normand dehors et encore moins un Lorrain ?
Parce que c’est la saison des pluies épicétou.
Et ça flingue à tout va. Je n’ose même pas vous montrer l’état du lagon : marron. Très marron. Pire qu’un avocat. C’est dire. Ou alors couche de nouveau-né. C’est parlant aussi ça.
Tahiti iti : retour de la presqu’île.
8C’est l’heure ! Faut qu’on se tape encore un bonne heure de route pour le retour sur Punaauia. Et on ne va pas être tous seuls… Le soleil s’amuse avec les nuages et nettoie sa palette.
Le lagon s’apaise tandis qu’au loin, découpés sur l’horizon, des pêcheurs nous font croire qu’ils marchent sur l’eau. Incongru, un ULM nous survole. (Lire la suite…)
Tahiti iti
18La presqu’île est restée vierge, pas de route, pas de voitures donc, pas d’eau courante, pas d’électricité… On accède aux maisons en bateau. Certaines sont des résidences secondaires, d’autres vivent ici par choix, pour retrouver une Polynésie authentique, deux familles vivent là traditionnellement… Du large, on imagine aisément ce qu’on du ressentir les navigateurs en apercevant pour la première fois « le paradis ».
Je me laisserais volontiers tenter par une maison blottie, dos à la montagne (4902 – 4904). Par contre ça fait une trotte pour aller piquer l’eau à la cascade… (Lire la suite…)

