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Brève, toujours pas brève.
19Poursuivons : rentrer ou pas ?
La vie est difficile, c’est la crise, Jean-Marie trouvera difficilement un emploi, je risque d’être TZR (titulaire sur zone de remplacement), je vais avoir du mal à « retrouver » le rythme, il fait froid, c’est toujours gris, tout est affreusement cher….Et j’en passe !
Tout cela, nous ne le vivons pas au quotidien. Nous ne l’avons pas oublié, juste mis entre parenthèses.
Le froid et le gris ne font pas partie de la carte postale. Nous pouvons vous proposer les pluies tropicales qui ne se sont pas gênées cette année ! ou les moustiques qui vont avec du 1er janvier au 31 décembre tant qu’à faire !! Blague à part, il est indéniable que le soleil et la lumière font du bien au moral. Nous sommes heureux de vivre en tenue légère constamment et appréhendons déjà le moment de chausser autre chose que les savates (tongs). Alors que dire des collants (j’avais déjà du mal avant !) ou des cols roulés ?
Quant à la vie chère… Heureusement que les salaires sont indexés ! Mais ce n’est pas pour autant qu’on ne fait pas attention, le budget est toujours à tenir et je fais les comptes. Si ! Si !! Seules les « doubles mutations » peuvent se permettre, je crois, de « ne pas compter ». Et depuis que Robin est rentré en France, je peux vous assurer que nous sommes en prise directe avec la réalité du marché (immobilier ou du travail) !
Nous savons très bien que la vie en métropole est dure pour tous, moins pour ceux qui comme moi ont fait le choix de devenir fonctionnaire, nous y gagnons une certaine sécurité et nous ne sommes quand même pas à plaindre !
Si Jean-Marie ne trouve pas de travail ? Lui (qui n’est pas fonctionnaire et pour cause) a déjà connu deux périodes douloureuses de chômage. Notre couple s’en est sorti et nous nous sommes toujours débrouillés pour garder la tête hors de l’eau.
Devenir TZR ne me fait pas peur non plus, après tout j’ai eu le statut de maître-auxiliaire pendant longtemps… Et je devais y trouver mon compte, car je ne passais pas le concours ! Oui bon, je craignais peut-être tout simplement de ne pas l’obtenir !!
Quant au rythme de vie et de travail, il ressemble malheureusement à celui de métropole en bien des aspects. Les embouteillages du matin et du soir (incontournables puisqu’il n’y a qu’une route), la quasi-impossibilité de se garer en centre-ville. Le monde aux caisses dans les magasins en fin de mois, les gamins qui courent pour avoir leur bus… Certains doivent se lever bien avant le soleil pour venir en cours ! Nombreux sont ceux qui quittent le domicile à trois heures pour être en cours à 6 h 45… Nous nous heurtons même à l’insupportable obligation de faire la queue pour partir en vacances !
Au lycée, il y a bien moins de moyens qu’en métropole. En même temps, je n’ai pas toujours eu à ma disposition un vidéo projecteur ! Mais les salles info sont correctement équipées et climatisées (je n’enseigne pas la bonne matière, bien fait pour moi ! ). C’est vrai aussi que les pots de peinture ne sont arrivés que dernièrement et que le collègue avait un peu de mal à occuper ses CAP peinture… Mais nous travaillons exactement de la même façon, et les élèves réclament leurs copies dès le lendemain !! Tu n’es quand même pas obligé de corriger si vite, faut pas abuser non plus !
En fait, l’image édénique que l’on a des îles n’existe plus à Tahiti. Enfin, si l’on parle de la partie urbanisée ; car la presqu’île conserve encore un certain charme… De ce fait, nous pensons être partis trop tard pour goûter au charme idéalisé de la Polynésie. Pour cela, peut-être aurait-il fallu choisir une autre île que Tahiti. Pourtant, je ne sais pas si j’aurais aimé vivre à Raiatea (j’en connais qui l’ont fait et ont adoré !). S’y rendre quelques jours pour des vacances oui, mais y résider… Je me rends compte que cela revient à accepter le fait que je ne m’imagine pas vivre sans la ville et ses inconvénients !!! Et Jean-Marie qui rêve de m’offrir un potager et un poulailler….Il va devoir affiner ses arguments !
Mon homme a raison, je suis bavarde, j’avoue ! J’espère que ma prose ne vous a pas saoulés…et que vous continuerez à venir, à commenter et à partager.
Quant à moi, je retourne dans l’eau, dans le bleu, dans la carte postale quoi ! Il me reste un peu plus d’une année, il ne s’agit pas de mollir !
Brève, pas brève du tout.
9Bonjour à tous,
Je sors un moment de l’eau, du bleu, de la carte postale quoi !
Je n’interviens pour ainsi dire jamais sur le site mais je lis tout et apprécie tous vos commentaires et clins d’oeil. Merci à vous. Nous avons longtemps hésité (et parfois nous nous posons encore la question) à poster toutes ces images. Bien sûr, elles ne peuvent que donner envie… Mais notre but est avant tout de partager ce que nous avons la chance de vivre. Partager, rien d’autre.
J’ai envie aujourd’hui de dresser un petit bilan. Je vous préviens, je n’ai pas le style enlevé de mon sponsorisé, que je remercie vivement pour la partie technique !
Nous bouclons presque la 3e année. 3 ans déjà que nous avons pris la décision !
Parfois, cela me semble être hier. Peser le pour et le contre. Saisir cette opportunité offerte à tous les fonctionnaires (ah ! ces salauds de fonctionnaires !). Découvrir un bout de la France si lointaine qu’on n’en connaît pour ainsi dire rien. Bouger tout simplement avant qu’il ne soit trop tard (20 ans de Côte d’Azur déjà !) . Quitter donc pour un temps une région magnifique, privilégiée et tant convoitée. Profiter des primes pour voyager aussi, soyons honnêtes.
Quitter ses amis et accepter qu’ils fassent un bout de chemin sans nous, qu’ils peinent aussi parfois à donner des nouvelles. Laisser sa famille, ses parents un peu âgés. Être pratiquement sûrs que personne ne viendra jusqu’à nous (il vous reste un an…).
Pas grave, je ne crois pas à l’adage, loin des yeux loin du coeur. Je pense qu’au contraire l’éloignement resserre les liens. Et puis éloignement ne signifie pas absence de communication, merci internet !
Pour Jean-Marie, c’était aussi prendre la décision de démissionner et savoir qu’il ne serait pas prioritaire à l’embauche en Polynésie…
Quant à Robin, nous ne lui avons pas vraiment laissé le choix. Cela devait être l’histoire de ses parents, pas la sienne….
Je ne vais pas revenir sur les difficultés d’installation… Vous les connaissez ! Ce dont je suis sûre c’est qu’il m’a fallu plusieurs mois pour me sentir bien, mais ce n’était pas lié au pays.
Paradoxalement, maintenant, nous avons l’impression d’habiter ici depuis longtemps. Des habitudes s’installent, des endroits deviennent familiers et des relations amicales se font plus étroites.
Mais la formulation douloureuse des vœux de mutation ne va pas tarder à pointer le bout de son nez ! Dès octobre qui semble arriver en courant…
Alors, grande question : retourner dans mon académie d’origine (rien de dramatique ce n’est pas Créteil !) ou essayer de tenter une nouvelle aventure (ce qui de toute façon n’est pas gagné) ?
Pas un seul d’entre vous ne nous dit de rentrer… On vous manque à ce point ?
Pourtant, certains trouvent l’adresse à leur goût…
A suivre…
Un peu moins brève, mais brève quand même.
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Tout en poésie, en fines allusions délicatement posées, Raoul nous avise de son désir de succomber aux charmes d’un week-end reconstituant. Ce qui est à reconstituer, par contre, point il ne nous en informe. La suite au prochain numéro ?






