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Les Marquises : Hiva Oa. Contrariétés et visite succinte.
14 Nous avions pris la précaution de réserver une voiture de location la veille, afin de visiter les sites archéologiques. 8h30, pas de soucis, le véhicule nous est livré. A peine franchie la barre des soixante kilomètre heures, le volant s’anime d’une vie propre et la voiture tente de se suicider en sautant dans le ravin. Après une rapide concertation, nous convenons que ce serait trop bête de commencer notre séjour par une Evasan. Nous faisons demi-tour et contactons l’agence de location… Le hangar est bien entendu fermé, nous attendons le loueur. Arrive un gugusse passablement excité qui s’évertue à l’aide d’un trousseau de douze mille clés à devérouiller le cadenas condamnant l’huis. Ce qui ne l’empêche pas de disserter sur les mérites de sa voiture qui sort de révision, que les mécanos n’ont rien vu de suspect, qu’on exagère une légère vibration, les précédents utilisateurs ne sont plaints de rien… « Et pis de toute façon j’ai rien d’autre à louer. » L’individu roule en pick-up clairement identifié « location », mais il en a un meilleur usage à titre personnel donc… Il daigne malgré tout nous reconduire à l’hôtel, passablement énervés, pour ne pas dire autre chose, après nous avoir remboursés.
Les Marquises : Hiva Oa
8Bienvenue à Hiva Oa ! Longtemps capitale administrative des Marquises, elle doit aujourd’hui sa célébrité pour l’abri qu’elle offre à Gauguin et Jacques Brel dans le cimetière d’Atuona. Au sein des nombreux sites archéologiques qu’elle comporte, on recense les plus grands Tikis de Polynésie, un musée « Gauguin » avec une reconstitution de la « Maison du Jouir »…
Les Marquises.
9Qu’est-ce qui vous vient à l’esprit lorsque vous entendez parler des Marquises ? Non ! Je ne parle pas de la Pompadour ou de celle de Sévigné, ou de votre véranda mille trognons !
Je vous parle de ces îles dont j’ai appris l’existence lorsque le dernier album de Brel inondait les radios de cette année-là. Je vous parle d’un temps où tout était encore possible, un temps où l’on ignore que les rêves peuvent se transformer en amers regrets si l’on n’y prend pas garde. Le rêve ne brille qu’un temps, la lumière une fois allumée s’étiole et ne se ranime pas. On peut toujours les caresser en se rappelant comme ça brillait fort : ce ne sont plus des rêves. C’est de la nostalgie, de l’amertume, de la colère, des rancœurs. C’est dangereux un rêve qui s’éteint, ça se débat, ça griffe, ça hurle et ça brûle. Quand la lumière du rêve est morte, il reste des scories et des cendres qui te tombent sur le cœur et la mémoire. Te voilent les yeux.
Je suis encore parti en vrac bordel… Je vous causais des Marquises. Celles de Brel, donc, et de Gauguin. ‘fin à ceux d’entre vous qui ne sont pas encore jetés par les fenêtres… Revenez quoi !




