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Heiva i Tahiti : la préparation du coprah

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Le but du concours est de fendre, ouvrir, récupérer et mettre en sac la pulpe de noix de coco. Les seuls outils autorisés sont une hache (opa’hi), un instrument de décortiquage (pa’aro) et un tabouret (parahira’a). Le couteau permettant de vider la noix est fait d’une lame incurvée que les participants plantent latéralement dans la chair pour ensuite d’un seul geste vider la demi-noix. Cette discipline honore l’arbre de vie, le cocotier étant une composante essentielle dans la vie polynésienne. (monoï, construction, alimentation… )

La compétition se déroule individuellement ou par équipe de trois.

- individuel homme : 50 noix

- équipe hommes : 150 noix

- équipe dames : 100 noix.

L’épreuve est intense, très physique et réclame une dextérité sans faille. Le vainqueur est celui qui aura fendu, vidé toutes les noix et en aura rempli les sacs de jute (pute).

Bizarrement, Nathalie a beaucoup insisté pour certaines photos.

Heiva I Tahiti : le grimper de cocotier.

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Avant d’assister au concours de préparation du coprah, un groupe de danseurs traditionnels donne un aperçu de leur art.

Et, bien sûr, avant de préparer le coprah, il faut récolter les noix. Ce qui donne lieu à une autre démonstration d’adresse ! Il s’agit de gravir un cocotier le plus rapidement possible, à mains nues évidemment. Pour s’aider, certains utilisent un lien, dans lequel passent les pieds, qui leur permettra ainsi d’avoir un meilleur appui sur le tronc. D’autres le font sans aucune aide. Les plus rapides gravissent l’arbre en trois bonds agiles qui donnent une impression trompeuse de facilité ! Je ne pense pas m’y essayer de si tôt!

Désolé pour les photos, mais il y avait foule…

Heiva i Tahiti : Amora’a ofai (le lever de pierre).

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Tout aussi spectaculaire et technique, le lever de pierre est divisé en catégories :

Catégories
Poids
Poids de la pierre
Léger de 55 à 75 kg environ 80 kg
Moyen de 75 à 90 kg environ 100 kg
Lourd de 91 à 105 kg environ 120 kg
Super-lourd de 106 à 120 kg environ 140 kg
Extra-lourd plus de 121 kg environ 150 kg
Femme open environ 60 kg
Master (40 ans et plus) open environ 80 kg

Il s’agit de lever du sol le plus rapidement possible une pierre lisse et de la stabiliser sur l’épaule. Originaire de Rurutu, cette discipline, qui permettait aux chefs et aux guerriers de montrer leur force, était autrefois rendue bien plus difficile par une pierre enduite de monoi ! Le chrono démarre dès que la pierre quitte le sol et s’arrête lorsqu’elle est posée sur l’épaule, pieds fermement campés au sol. La technique est libre : soit accroupi, pierre serrée entre les bras avant de la monter sur l’épaule, soit jetée en un seul mouvement. Le classement est établi au meilleur des trois temps. Les lombaires doivent en prendre un vieux coup quand même…

Les femmes participent depuis l’année dernière et ne sont pas moins impressionnantes que les hommes.

Heiva I Tahiti : le teka (javelot).

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Parmi les sports mis en avant lors du Heiva figure le lancer du javelot.

Situés à 22 mètres, les athlètes doivent atteindre une noix de coco placée en haut d’une perche à 9,50 mètres. Pour corser la chose, les points attribués dépendent de l’endroit où se fiche le teka. Le top étant de toucher le sommet. La discipline est pratiquée individuellement (Patia Fa) ou par équipe de trois (Patia Ai).

Initialement discipline majeure (celle recommandée par les dieux), les règles ont évolué, privilégiant l’adresse à la force. Les lanceurs se doivent de porter la tenue traditionnelle : paréo, collier et couronne végétale.

La noix de coco ne tarde pas à être hérissée, témoignant de l’adresse des participants.

Heiva I Tahiti

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Tous les ans, au mois de juillet, ont lieu les célébrations du Heiva. Jadis interdites grâce à l’ouverture d’esprit  et à la tolérance habituelle des missionnaires, grands fossoyeurs s’il en est de culture, le retour des fêtes du Heiva célébrant la culture Maohi est du à la commémoration… du 14 juillet ! Annexée en 1880, la Polynésie doit dorénavant célébrer la prise de la Bastille ! Événement majeur et aussi important pour les polynésiens que, puisqu’ils sont maintenant français, de leur apprendre l’histoire de leurs ancêtres gaulois !!!

Naturellement boudée par les polynésiens au grand dam des autorités coloniales, la commémoration du 14 juillet sonne un peu… creux. Défilés militaires, fanfare coloniale laissent froid les populations locales. Des manifestations plus traditionnelles seront organisées au fil du temps: concours de pirogue, lancer du javelot… Interdite par les édits du roi Pomare en 1819 puis de la reine Pomare en 1842, la danse manque disparaître. Jugée trop lascive, elle incarne pour ces esprits, corrompus par les missionnaires, le mal sur terre.

Rythmant le quotidien, elle participe à la tradition orale, conte les légendes ou simplement la vie ordinaire. Là où des cerveaux malades ne voyaient que dépravation et incitation à la débauche se cachent grâce et histoire. Et si l’on veut à tout prix parler de sensualité, considérons simplement qu’il s’agit du langage originel…

La danse n’est pas l’apanage des sylphides publicitaires. Loin de l’archétype véhiculé, les vahinés  ne sont pas toutes sur ce modèle. Comme dans nombre de populations aujourd’hui, les corps se laissent parfois aller, particulièrement à Tahiti où la mal-bouffe imprime sa marque. Et pourtant, dès que la musique nait, l’essence même de leur nature se révèle…

Comment décrire ? Les visages s’illuminent de l’éclat d’yeux sombres, la douceur des gestes prend place et les mains volent gracieusement en arabesques délicates. Tout est légèreté et grâce, chaussant de plomb nos étoiles anémiques.

Résolus à ne pas manquer cette célébration, nous avions réservé nos places pour la soirée d’ouverture. Appareil photo chargé à bloc… Qu’il a fallu laisser au fond du sac ! Toute capture d’image étant interdite… La vigilance des hôtesses ne laissant rien passer, c’est avec regret que ce billet ne sera pas illustré. Désolé les mecs, les vahinés attendront encore un peu.

Mais juste un peu. J’ai une autre carte dans ma manche! :mrgreen:

 

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