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Impromptu : l’origine d’un mot, le marcottage.
6Suite à une intervention de l’élève ringjm, l’élève MiB (aka Chaprot) et l’élève Raoul ont souligné l’étrangeté du mot marcottage. Devant l’avidité culturelle ici témoignée, il nous est apparu que nous ne pouvions faire autrement qu’étancher diligemment cette soif brûlante.
Donc, voici.
Comme souvent, il convient de séparer le bon grain de l’ivraie : diverses sources prétendent à la délivrance de ce breuvage exaltant qu’est la culture. Nous nous attacherons, autant que faire se peut, à ne délivrer que des informations plausibles, dignes de foi et, par dessus tout, VERIFIABLES. L’approximation nébuleuse, cautère livide entachant de trop nombreux exposés, ne tavellera point ces lignes. Que passent leur chemin ces tristes histrions qui, pompeusement parés de titres ronflants, honteux apostèmes à la face de la connaissance, crieront à l’hérésie.
Or donc, il appert que le mot qui nous occupe – marcottage – serait une contraction tout à fait récente. Au plus quelques décennies. Un chansonnier populaire occupait les ondes avec de lestes chansons que d’aucuns (et d’aucunes) trouvaient grivoises. Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de quoi fouetter un chat (encore que les chats émettent toujours de vigoureuses réserves à ce sujet), mais pour l’époque, la simple évocation de tels sujets… attirait des foudres variées sur qui y prêtait oreille complaisante. La scie était devenue si populaire que bien des malheureux furent surpris à siffloter innocemment, à fredonner sans y penser en arborant un sourire épanoui. S’ils étaient surpris, les pauvres s’exposaient alors à de sévères représailles domestiques qui se compliquaient d’un passage par le confessionnal ! Lieu obscur, dur aux rotules, sentant la poussière et la privation de plaisirs dominicaux… Là, recroquevillé sous le regard noyé d’ombre qu’aucun éclairagiste de cinéma ne sera jamais capable de reproduire, il fallait avouer ce qui avait suscité l’ire conjugale ou cléricale : on avait chantonné, siffloté, colporté la licencieuse rengaine !
Un triste jacques s’occupait ce jour-là dans son verger, fort marri de ce qui lui arrivait, gémissant après sa soupe qu’il mangeait froide, de sa couche qui ne l’était pas moins (encore qu’elle n’ait jamais été brûlante sinon c’est sûr qu’il n’aurait pas eu autant de plaisir à chantonner… ) mais enfin c’est quand même pas comme s’il avait été pris à caramboler la voisine… Euh, non, pas la voisine !
Et ne voilà t-il pas que, toute attristée du malheur qu’elle lui a causé la pauvrette, petite chanson innocente qui ne pensait pas à mal, à rien d’autre que de dire combien c’était joli; ne voilà t-il pas que la chansonnette se pique de devenir guillerette en rebondissant doucement d’abord dans sa tête, puis se met à rouler tout bas au fond de sa gorge, avant de faire vibrer les lèvres qui se mettent à sourire incontinent tandis que la tête bat la mesure et que les mains travaillent en rythme… Mais la chansonnette n’avait pas vu, ne pouvait pas savoir, occupée qu’elle était à consoler, que sortait de sa cure le gardien d’une morale compassée. Alerté par un parfum de gaieté, la noire cisaille de son pas découpait rageusement les rangées de fruitiers. Contrarié de la dissipation de ses ouailles, le cureton mâchonnait son prêche du dimanche à venir, passant en revue les gémonies qui résonneront sous la voûte de l’église. Les épouvantails terrorisés agitaient leurs bras, essayant vainement d’alerter le croquant qui se laissait aller, tout prêt d’entonner le refrain à tue-tête !
La tragédie est en place, la scène est bucolique, éclairée par un soleil doux, l’herbe est fraîche et tentante du côté du paysan… L’orage gronde sous les pas du corbeau, les chaussures écrasent sans pitié les insectes qui bruissent et butinent, des fleurs agonisent dans l’ombre déployée de l’infernale soutane. Le choc va avoir lieu, rien ne peut sauver l’innocent, le refrain perle à ses lèvres, les mots vont tonitruer dans le silence ! Mais la chansonnette est épicurienne elle veut d’abord être dégustée, roulée sur la langue puis s’enfler seulement lorsqu’elle sera chargée de plaisir, pas avant. C’est une amante qui veut naître…
Le refrain coule sur le murmure d’une petite rivière de plaisir, serpentant entre les images douces d’un chaton blotti dans un corsage… qui volent en éclats, éparpillées par une voix éraillée par des années de vin de messe et de vapeurs d’encens, de macérations honteuses et de litanies. Et la chansonnette, de surprise, se prend les vers dans la langue, trébuche pêle-mêle sur les dents et s’étale en oubliant quelques syllabes… et s’évanouit. Seul dans le vent résonne un nouveau mot, accouché d’une chanson et d’une tyrannie : le marcottage était né.
Mais quelle était cette chanson me direz-vous ? Cherchez un peu, il y est question de chaton, de corsage… De croquant aussi.
Et le noiraud alors que fit-il ? L’histoire ne nous en est pas parvenue, mais après tout, c’est sans importance non ? Tant que l’on a la chanson…
Habile transition…
16Ou comment essayer de ne pas sombrer dans le ridicule parce qu’on a paumé de façon inexplicable des photos, qu’on comprend même pas comment-c’est-y-pas-dieu-possib’ ? Surtout que c’était hyper chiadé, j’avais tout prévu : le story-board était préparé aux p’tits oignons, les vahinés étaient présentes, les figurants aussi, il faisait beau, le petit chant destiné à faire plaisir à ring pendant l’exécution du tamouré était coquin juste ce qu’il fallait… L’allusion à chirouille tombait au quart de poil, le pas de danse sensé écrire MiB dans le sable s’était mille fois mieux passé qu’aux répétitions…
‘fin bref, c’était subtilement décadent tout en restant traditionnel, revisité genre pop’art moins les acides. Pis le plus réussi, c’était quand même l’avion décollant sur fond de soleil couchant, rasant la mer devant les vahinés continuant à danser. A 9 heures du mat’. Z’avez pas idée des négociations qu’il a fallu mener pour que le soleil fasse semblant de se coucher. Je serais parano, j’accuserais la concurrence, mais je vois pas comment « ILS » pouvaient être au courant… Pis, j’en ai pas, j’suis hors concours.
Non vraiment je comprends pas. Je vois pas autre chose qu’une intervention divine, comédie qui ne fait rire que Dante d’ailleurs.
Donc voilà : ring je suis désolé pour les vahinés, ce sera pour plus tard. Faut que je finisse de noyer le poisson…
@MiB : Si tu ne comprend pas tout, demande à ring, il t’expliquera…