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Archipel des Tuamotu : plongée à Fakarava – 2
9Là c’est du sérieux. Le bateau nous lâche dans l’océan par courant rentrant et la plongée se fait en dérive jusque dans le lagon. Le but du jeu est de descendre le plus rapidement possible afin de ne pas être écarté du reste de la palanquée. La mise à l’eau se fait dans le bleu. Aucun autre repère que les autres plongeurs… C’est assez impressionnant. Nous ne sommes que quatre, ce qui nous permet de plonger en binôme. Heureusement, parce qu’à cinq mètres, j’ai les oreilles qui se mettent à carillonner. Le temps de compenser et nous reprenons la descente…
Il faut nous rapprocher le plus possible du fond afin de résister au courant. C’est là que l’expérience me fait un peu défaut : j’ai du mal à réguler mes respirations pour ne pas trop gonfler mes poumons. Le moniteur ne tenait pas à ce que je fasse cette plongée avec l’APN, je comprends pourquoi : j’ai déjà bien assez à faire sans en plus m’occuper des photos ! C’est grâce à Rémy, qui a bien voulu s’en charger, que vous profitez de ces photos. Merci à lui. Pour ça et pour sa patience à mon côté. Nous continuons à glisser le long du tombant, le moniteur dérive sur le dos avec une facilité agaçante tandis que je bataille pour ne pas me faire emporter… Encore une fois, j’ai oublié de vider mes poumons ! Et un thon me regarde d’un œil glauque…
Une petite pause dans un canyon abrité du courant nous permet de profiter des bancs de poissons qui restent dans le courant : becs de cane, tamourés, perches pagaies, napoléons, requins gris.
Les bouteilles se vident, nous reprenons la dérive pour franchir la passe. Il va falloir que nous finissions sur les réserves et même en duo sur les bouteilles du mono et de Rémy, bien plus économes que nous… Je suis rompu et les paliers sont les bienvenus. Rémy remonte vers nous en gesticulant, manifestement, il a croisé quelque grosse bestiole : un grand marteau nous dira-t-il hors de l’eau. Pas de bol, le requin a fait demi-tour dès qu’il l’a jugé non comestible. Un rémora solitaire décide de nous faire un brin de conduite à l’affût d’une palme accueillante.
La partie la plus difficile maintenant : sortir de l’eau pour regagner le bateau. Les vagues sont grosses et frappent vigoureusement l’arrière de l’embarcation, il faut arriver à sortir juste à temps pour éviter de se faire écrabouiller contre l’échelle et le moteur. Nous retirons stabilisateurs et bouteilles, surtout pas les masques ni les palmes… et jouons au yoyo ! C’est incroyable comment, depuis l’eau, un bateau pas très grand peut se transformer en immeuble de douze étages. Au moins. Allez je compte les vagues, attends la troisième, biche l’échelle, rate une marche et me fait écraser la tête contre le moteur par une sournoise qui m’arrive dans le dos. Heureusement que le pilote me tend la main, je crois que je serais reparti à la baille sinon !
Il semble que les conditions soient difficiles, les autres ont beaucoup de mal aussi à remonter. Le moins sportif n’étant pas de sortir les bouteilles de l’eau… Une averse bienvenue vient nous rincer, des morceaux de coco circulent, je reprends mon souffle… Carbonisé ! Je suis carbonisé et sur un nuage !
Oh les mecs ! je me suis fait la dérivante de Fakarava ! Moi, un p’tit gars de Lezey ! Non mais vous vous rendez compte ?
Archipel des Tuamotu : Plongée à Fakarava – 1
10Première plongée de la journée : passe nord de Fakarava côté lagon. La moins compliquée des deux plongées qui m’attendent aujourd’hui. Cette passe, Garuae, est la plus grande de Polynésie avec 1600 mètres de largeur. J’essaie de ne rien oublier de ce que le moniteur vient de me dire, c’est une répétition avant le grand saut de l’après-midi…
Le tombant est vertigineux, les requins gris maraudent en périphérie de la palanquée. Les napoléons débonnaires nous ignorent, les balistes bleus précèdent leur queue au milieu des becs-de-cane. Des bancs serrés de perches pagaies virevoltent dans le courant.
Archipel des Tuamotu : Fakarava.
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Fakarava est le second plus grand atoll de Polynésie, juste après Rangiroa. Il fait partie des sept atolls classé réserves de la Biosphère par l’UNESCO et est aujourd’hui unanimement reconnu pour la plongée sous-marine, à l’instar de … Rangiroa.
C’est un saut de puce en avion. Saut qui nous permet de survoler encore une fois le magnifique lagon bleu de… Rangiroa !
Mais avant de quitter Tikehau, Nathalie profite (matinalement, il n’est pas encore six heures) une dernière fois du lagon qui s’étend à nos pieds. Les poissons viennent lui faire un brin de causette et le soleil fait des promesses qu’il ne tiendra pas…
Les Tuamotu – Tikehau : j’vous ai promis de la raie ?
16Ben en voilà !!! Pis de la belle hein ! Gracieuse et rebondie en toute liberté… Tout petit détail : une méga tempête la veille a furieusement brassé les eaux du lagon. Avec pour conséquence, de limiter la visibilité au bout de notre nez. C’est plus pratique pour renifler, mais plus angoissant aussi : on ne sait pas toujours très bien ou on va le fourrer.
La plongée n’est pas très profonde, nous ne serons que trois dans la palanquée et l’endroit est assez calme. Depuis la surface, on aperçoit les raies tourner autour de patates de corail habitées pas des poissons nettoyeurs. Notre guide prodigue ses recommandations : pas question de nous approcher trop ni de tenter de toucher les animaux… et nous nous mettons à l’eau.
Va falloir se coller aux fesses si on ne veut pas se perdre ! Mince, moi qui rêvais de grand bleu claquant avec un ballet de raies au milieu… C’est pas pour ce coup-ci. Mais à l’approche de la première patate, lorsque la première raie surgit du flou pour nous frôler, je vous jure que je n’avais jamais connu ce que j’ai ressenti alors. Les baleines étaient une énorme émotion, mais être dans l’eau pour voir évoluer si majestueusement ces animaux, si près, si nonchalants…
Une petite pointe de frousse me taquine doucettement l’épigastre à l’idée que n’importe quoi d’autre qu’une raie peut apparaître !
Une pastenague rase le fond tandis qu’un rémora nous fait un brin de conduite. Il arrive parfois que ces poissons cherchent à se fixer sur une palme ou une bouteille…
La plongée ne dure pas très longtemps, la visibilité devient si problématique que nous risquons de nous perdre. Mais c’est juste un avant-goût : pas question pou moi de quitter la Polynésie sans avoir approché les mantas de nouveau…
Pour vous donner une idée de la visibilité et de la nage du rémora…
A la bonne plongée !
16Voilà ! Je tourne le dos cinq minutes pour présenter mes vœux et regardez comment je me fais arranger ! C’est une fausse information : cette bouteille est trop petite pour une plongée de 50 minutes…
Merci Raoul ! Image ajoutée comme il se doit à l’endroit dédié !
