IMG_1884Là c’est du sérieux. Le bateau nous lâche dans l’océan par courant rentrant et la plongée se fait en dérive jusque dans le lagon. Le but du jeu est de descendre le plus rapidement possible afin de ne pas être écarté du reste de la palanquée. La mise à l’eau se fait dans le bleu. Aucun autre repère que les autres plongeurs… C’est assez impressionnant. Nous ne sommes que quatre, ce qui nous permet de plonger en binôme. Heureusement, parce qu’à cinq mètres, j’ai les oreilles qui se mettent à carillonner. Le temps de compenser et nous reprenons la descente…

Il faut nous rapprocher le plus possible du fond afin de résister au courant. C’est là que l’expérience me fait un peu défaut : j’ai du mal à réguler mes respirations pour ne pas trop gonfler mes poumons. Le moniteur ne tenait pas à ce que je fasse cette plongée avec l’APN, je comprends pourquoi : j’ai déjà bien assez à faire sans en plus m’occuper des photos ! C’est grâce à Rémy, qui a bien voulu s’en charger, que vous profitez de ces photos. Merci à lui. Pour ça et pour sa patience à mon côté. Nous continuons à glisser le long du tombant, le moniteur dérive sur le dos avec une facilité agaçante tandis que je bataille pour ne pas me faire emporter… Encore une fois, j’ai oublié de vider mes poumons ! Et un thon me regarde d’un œil glauque…

Une petite pause dans un canyon abrité du courant nous permet de profiter des bancs de poissons qui restent dans le courant : becs de cane, tamourés, perches pagaies, napoléons, requins gris.

Les bouteilles se vident, nous reprenons la dérive pour franchir la passe. Il va falloir que nous finissions sur les réserves et même en duo sur les bouteilles du mono et de Rémy, bien plus économes que nous… Je suis rompu et les paliers sont les bienvenus. Rémy remonte vers nous en gesticulant, manifestement, il a croisé quelque grosse bestiole : un grand marteau nous dira-t-il hors de l’eau. Pas de bol, le requin a fait demi-tour dès qu’il l’a jugé non comestible. Un rémora solitaire décide de nous faire un brin de conduite à l’affût d’une palme accueillante.

La partie la plus difficile maintenant : sortir de l’eau pour regagner le bateau. Les vagues sont grosses et frappent vigoureusement l’arrière de l’embarcation, il faut arriver à sortir juste à temps pour éviter de se faire écrabouiller contre l’échelle et le moteur. Nous retirons stabilisateurs et bouteilles, surtout pas les masques ni les palmes… et jouons au yoyo ! C’est incroyable comment, depuis l’eau, un bateau pas très grand peut se transformer en immeuble de douze étages. Au moins. Allez je compte les vagues, attends la troisième, biche l’échelle, rate une marche et me fait écraser la tête contre le moteur par une sournoise qui m’arrive dans le dos. Heureusement que le pilote me tend la main, je crois que je serais reparti à la baille sinon !

Il semble que les conditions soient difficiles, les autres ont beaucoup de mal aussi à remonter. Le moins sportif n’étant pas de sortir les bouteilles de l’eau… Une averse bienvenue vient nous rincer, des morceaux de coco circulent, je reprends mon souffle… Carbonisé ! Je suis carbonisé et sur un nuage !

Oh les mecs ! je me suis fait la dérivante de Fakarava ! Moi, un p’tit gars de Lezey ! Non mais vous vous rendez compte ?